Mentionner la perfection comme point faible désarme rarement un recruteur. Invoquer un défaut universel, comme l’impatience ou le perfectionnisme, expose à la méfiance ou à l’indifférence. Certains traits, jugés rédhibitoires dans la plupart des secteurs, ferment les portes avant même que les compétences ne soient évaluées.
Les erreurs les plus fréquentes surviennent lors de cette étape précise, où la sincérité doit s’accorder avec le professionnalisme. Identifier les défauts à éviter, comprendre les alternatives acceptables et savoir les présenter de façon constructive devient alors un exercice décisif.
Pourquoi la question des défauts revient toujours en entretien d’embauche
Impossible d’y échapper : la question des défauts s’invite immanquablement à chaque entretien d’embauche. Ce n’est pas un piège, ni une ruse pour déstabiliser le candidat. Ce que cherche le recruteur, c’est un signe de maturité : la capacité à se regarder en face, à reconnaître ses limites et à démontrer une volonté d’amélioration. Cette étape, souvent redoutée, fait la différence entre les profils bien rodés et ceux qui savent se remettre en question.
Dans les faits, chaque poste exige un minimum d’introspection. Le marché du recrutement, saturé de profils au discours lisse, accorde de la valeur à ceux qui savent parler vrai. Pas question de s’auto-flageller, ni de balayer le sujet sous le tapis. Le ton juste ? Une sincérité mesurée, qui laisse entrevoir une vraie démarche professionnelle.
Le recruteur ne veut pas dresser l’inventaire de vos points faibles. Il observe votre capacité à relier les défauts à votre vécu professionnel, à les mettre en perspective avec vos qualités et à détailler les moyens mis en place pour progresser. Ce moment sert à jauger la capacité de remise en question, l’envie d’apprendre, la dynamique d’amélioration.
Plusieurs raisons expliquent la persistance de cette question lors des entretiens :
- Évaluer le degré de conscience de soi et la faculté à évoluer
- Cerner des pistes d’amélioration en lien avec le poste visé
- Distinguer un discours sincère d’une façade convenue
En somme, la façon dont le candidat aborde ses défauts en dit long sur son rapport à la réalité du travail. C’est là que le discours prend corps, loin de toute langue de bois.
Quels défauts risquent vraiment de vous pénaliser face au recruteur ?
Certains défauts professionnels agissent comme des avertissements immédiats. Dans un entretien d’embauche, évoquer l’absence de fiabilité ou l’incapacité à tenir les délais a de quoi refroidir le plus ouvert des recruteurs. Sur le marché de l’emploi, la rigueur et le respect des engagements sont non négociables. La confiance ne se négocie pas sur des fondations mouvantes.
D’autres impasses sont liées à l’attitude du candidat. Manifester un manque d’autonomie ou une aversion marquée pour le changement revient à afficher une adaptation limitée. Or, les entreprises attendent des profils capables de s’ajuster, de sortir des sentiers battus, de faire face à l’imprévu sans paniquer. La rigidité ferme les portes, même aux compétences techniques les plus solides.
Il y a aussi des défauts plus insidieux. Par exemple, négliger la capacité d’écoute. Interrompre, ignorer les signaux de l’autre, camper sur ses positions : autant d’attitudes qui minent la dynamique d’équipe. À l’opposé, une autocritique excessive, se présenter comme anxieux ou passif, fragilise la perception de fiabilité.
Voici les travers à éviter absolument :
- Manque de fiabilité ou difficulté à assumer la gestion des tâches
- Rigidité face à la nouveauté ou au changement
- Déficit d’écoute et faible capacité à collaborer
- Doute persistant ou absence d’initiative
Le lien entre le défaut évoqué et les attentes du poste est déterminant. Un défaut qui handicape l’exercice des missions principales ne passera jamais l’étape du recrutement.
Comment choisir un défaut pertinent sans tomber dans le piège
Choisir un bon défaut relève d’un équilibre subtil. Les recruteurs n’attendent pas une pirouette ou une réponse toute faite. Fini le perfectionnisme de façade ou la trop grande implication dite sur le ton de la fausse modestie. Ce qui prime, c’est la capacité à reconnaître une faille réelle, sans la dramatiser, et à montrer la démarche de progrès.
Commencez par examiner le poste et ses attendus. Le défaut choisi ne doit jamais mettre en péril la réalisation des tâches clés. Si le poste exige une forte capacité d’écoute, inutile d’insister sur une difficulté à collaborer : ce serait rédhibitoire. Il vaut mieux cibler un point moins central, comme la tendance à vouloir tout comprendre d’emblée, à condition d’expliquer comment vous avez appris à accepter l’incertitude.
Deux ingrédients font la différence : sincérité et nuance. Citez un vrai défaut, puis illustrez le chemin parcouru pour progresser. Montrez comment vous sollicitez des conseils, adaptez vos méthodes, ou cherchez à évoluer. Ces signaux sont perçus très favorablement.
Pour clarifier la démarche, gardez en tête ces points clés :
- Privilégiez un défaut réel, mais qui ne vous disqualifie pas pour le poste
- Décrivez les actions menées pour vous améliorer
- Adaptez votre réponse à la nature de l’entretien d’embauche
La sincérité compte, mais l’adéquation avec l’environnement de l’entreprise aussi. L’enjeu est là : trouver l’équilibre entre transparence et maîtrise de son image.
Exemples concrets pour parler de ses défauts avec sincérité et assurance
Transformer la question des défauts en occasion de montrer sa confiance, voilà ce qui distingue les candidats qui marquent durablement les esprits. La sincérité, bien dosée, alliée à une réflexion sur le contexte professionnel, fait toute la différence. Mais comment s’y prendre concrètement ?
Un cas courant : la difficulté à déléguer. Pour un chef de projet, admettre une tendance à vouloir tout contrôler, et raconter comment l’expérience en gestion d’équipe a permis d’apprendre à faire confiance et à répartir les tâches, prouve une réelle capacité d’amélioration. Autre exemple : évoquer une impatience face à la lourdeur des démarches administratives, en expliquant comment l’expérience a permis de transformer cette énergie en rigueur et en méthode, change la donne.
Pour vous inspirer, voici quelques défauts bien présentés :
- Manque d’aisance à l’oral : sur un poste où la communication écrite domine, signalez les efforts entrepris pour progresser à l’oral, par exemple via des formations ou des interventions en réunion.
- Tendance à anticiper à l’excès : pertinente en gestion de projet, si vous montrez avoir appris à accepter et à gérer les imprévus.
- Difficulté à dire non : dans un contexte de travail en équipe, cette faiblesse peut devenir une force si elle s’accompagne d’une prise de conscience sur la gestion des priorités.
Exposez votre défaut avec honnêteté, puis montrez la trajectoire suivie pour progresser. Ce qui fait mouche, ce n’est pas la pirouette, mais la capacité à illustrer, à donner du concret, à montrer que l’on avance. Un recruteur attend une personnalité lucide, ouverte au changement, pas une copie sans relief.

